
Une autre oeuvre qui m’a beaucoup émue : “夏目友人長”, qui veut dire, Natsume & le Livre d’Amis. C’est un manga, qui a été adapté en anime pour l’instant comportant deux saisons. Une troisième est prévue pour cet été. Le manga est lui, toujours en cours de parution.
Un court résumé :
Natsume est un jeune lycéen avec un fort pouvoir spirituel, ce qui lui a permis depuis son enfance, de voir des êtres que les gens normaux ne peuvent pas: les yôkai et ayakashi. Mais ce don ne lui a apporté que malheur : ne comprenant pas pourquoi personne ne voyait les mêmes choses que lui, il a finit isolé et sans amis. Cependant, il brise un jour par erreur le sceau protecteur enfermant un esprit puissant, libérant celui-ci et apprenant alors le pourquoi de son étrange faculté : sa grand-mêre, Reiko, maintenant décédée, possédait aussi une force spirituelle hors du commun, et s’en servait pour subjuguer les yôkais qu’elle aurait battu en duel, en copiant leurs noms dans un cahier. C’est ce qu’elle nomma “le Livre d’Amis“. En possédant le nom d’un yôkai, n’importe qui peut le sommer ou en faire ce que bon lui semble. Il représente donc un objet très convoité, et les esprits de la région n’ont de cesse de se jeter sur Natsume, qui ressemble beaucoup à sa grand-mère jeune, soit pour se venger, soit pour reprendre leurs noms. Natsume décide de rendre leurs noms à tous ceux qui le lui demanderaient, et ce faisant, leur liberté. Au fil du temps, il découvre que les yôkais ont eux aussi, un vécu, une personalité, et une histoire souvent attendrissante…
Scénario et Animation
L’anime tombe dans la catégorie “Slice of Life” de par son découpage un-épisode-une-histoire, ou presque. A chaque épisode, on découvre une personne ou un yôkai et son passé, faisant souvent conjurer des souvenirs comprenant Reiko, la grand-mère de Natsume, nous aidant à nous dresser une meilleure portrait d’elle. Elle qui est présentée comme une personne sans coeur, profitant égoïstement de son ascendant sur les yôkais, se révèle bien plus humaine et tendre qu’on ne l’aurait crû, bien souvent agissant de manière incompréhensible, mais finalement pour le bien de l’autre.
L’animation est bonne sur l’ensemble de la série, les mouvements sont fluides et rapides lorsqu’il le faut, et on ne perd pas une occasion de faire de jolis stills pour dépeindre un moment tendre. Au niveau du dessin, on jouit d’une homogénéité dans la qualité. Rares sont les moments clairement bâclés. De manière générale, les dessins sont fins, les couleurs délicates et pastels, les traits toujours bien formés et proportionnés.
Au niveau du doublage on a droit à une très belle voix pour le héro : fine et éthérée, elle donne une impression de jeunesse mais dégage aussi de la douceur et de la sensibilité. En bref, une voix très bien adaptée au personnage, et le jeu est convaincant à chaque seconde! J’ai découvert récemment que l’acteur derrière - Kamiya Hiroshi - est assez connu, pour l’instant plus dans le monde des drama cds, ou livres audios, que des animes.
Psychologie et bons sentiments
Natsume est un jeune homme récemment arrivé dans une toute petite ville de campagne (peut-être devrais-je même dire village?). Il est assez effacé et n’encourage pas autrui à se lier à lui. La raison en est, qu’il possède la faculté de voir les esprits, que ceux-ci soient des morts, ou ces créatures mi-démons mi-esprits du folklore japonais qu’on désigne par “Yôkai“. Lorsque ceux-ci ont une apparence semblable aux humains, il ne peut même pas les différencier entre les deux, ce qui a été la cause pendant toute son enfance, de ce que son entourage qualifiait de “comportement étrange”, voire même “dérangé“. Pour ajouter à son malheur, les parents de l’enfant meurent, le laissant seul, ballotté de familles en familles, toutes se sentant trop perturbé par cet enfant prétendant voir des choses invisibles.
Au fur et à mesure que l’histoire avance, on découvre que cette situation l’a laissé comme asocialisé : il ne sait quel genre de politesse répondre si une personne du voisinage le salut inopinément, ni quelle excuse inventer s’il doit s’absenter brusquement parce qu’il est attaqué par un esprit : il reste généralement muet, ou se contente de dire qu’il sen va.
Au final, il se dévoile le plus lorsqu’il est en contact avec des yôkai : il n’a que faire d’être incompris ou rejeté par l’un d’eux. Mais peu à peu, cette liberté prendra une place importante en lui, et il comprendra que si ce pouvoir spirituel qu’il a souvent haït par le passé venait à disparaître, il perdrait aussi tout un monde qu’il a appris à accepter, et deviendrait bien plus seul.

- solitude -
De par son enfance, Natsume est donc un adolescent calme qui a peur du rejet des autres, et de l’abandon qu’il a par trop de fois expérimenté du haut de ses 15 ans de vie. Il n’ose pas dire à sa nouvelle famille adoptive, qui se comporte avec lui après plus de bienfaisance qu’il n’en a jamais connu, qu’il voit les esprits. Il le cache à quiconque ne partagerait pas la même faculté d’ailleurs, et bien sûr, à ses nouveaux amis aussi.
Trop habitué à ne rien dévoiler de lui même, il ne partage jamais ce qu’il pense ou ses maux. Même envers ses connaissances et amis liés au monde des esprits, il fait sans arrêt preuve d’une grande retenue, et ne cherche pas à s’ouvrir ou à se confier. C’est ainsi que personne chez les humains ne connaît l’existence du Yûjinchou, ni de sa grand-mère. Il se rend compte lui même au fil de l’histoire, qu’à force de devoir se cacher, il a prit l’habitude de mentir et dissimuler par automatisme, même aux personnes qui lui sont chères. C’est sur un voeu d’espoir pour le futur qu’il nous laisse en fin de saison deux, se demandant s’il pourra vivre un jour heureux, et honnête avec son entourage.
- bienveillance -
Mais étonnamment, il n’en reste pas moins quelqu’un qui bondit à l’aide de quiconque aurait besoin de son aide, et c’est ce qui le pousse à promettre de rendre autant de noms du Yuujinchou, que possible. Et c’est ce faisant, qu’il apprend à connaître et aimer certains yôkais, se rendant compte que chez les humains comme chez les esprits, on peut rencontrer le Bien comme le Mal, la Tendresse aussi bien que la Malice.
C’est sur cette note que nous laisse la deuxième saison : Natsume apprend que tout humain dans sa situation n’a pas la même vision du monde que lui, et qu’on lui demandera bien des fois dans le future, de devoir choisir son camp entre Humains et Yôkais.

![Natsume Yuujinchou [2626]](http://aspectsetregards.files.wordpress.com/2011/02/natsume-yuujinchou-2626.jpg?w=500)